Je n'avais plus trop envie d'écrire sur mon blog. M'imaginer des inconnus ou non envahir mon territoire me donnait envie de vomir. Je n'écris pas pour les autres, je n'ai pas envie d'avoir un journal intime diffusé au monde entier. Et pourtant ce soir je cède, c'est plus fort que moi. Je n'ai jamais très bien su ce que j'étais, qui j'étais. Je me cherche encore, faut pas croire, rien n'est si simple. Mais à force de me tromper, peut-être que j'y vois un peu plus clair, peut-être que les étoiles me paraissent plus brillantes. Je mets la clim à fond et je m'imagine le froid qui vous brise les os. A part ça, je ne peux pas faire grand-chose. Fin novembre il y a une atmosphère magique à Paris. Celle que j'ai toujours aimée. Il fait froid, certes, mais y'a autre chose aussi. Un parfum indescriptible, un souffle de magie, des murmures d'enfants, les jouets qui font rêver les plus petits, les vitrines des grands magasins, les offres promotionnelles désespérantes, le papier cadeau qu'on peut découper à la sortie de la fnac, les décorations qui brillent de mille feux. Un matin le nez collé contre la fenêtre, à faire de la buée en ouvrant la bouche. Une nuit à guetter les premières températures négatives, les premiers flocons. Les expéditions avec mon appareil photo autour du cou sur les bords de Seine, avec les marches gelées qui me font glisser. Me rattraper au bras de thai-hô, parce que c'était si bien de me raccrocher à elle, de l'aimer comme je l'aime. Sortir un gâteau au chocolat du four, le saupoudrer de sucre glace, faire fondre une première bouchée...Faire de la pâte à chou le soir du réveillon et se gaver de glaces plus délicieuses les unes que les autres...
Que de petits plaisirs que je pourrais, pour la plupart, avoir ici.
Mais je ne les ai pas.